« Start Anew », nouvel album de Douglas Hinton, est sorti cette semaine, et il est disponible en téléchargement et en CD, avec une sublime pochette réalisée par Madows, et des photos de Rachel Saddedine.
Tout comme pour la reprise de mai, enregistrée et mixée en une soirée, cet album a été enregistré à la vitesse de l’éclair. En un weekend, en seulement deux après-midis, Douglas avait enregistré sa part, les guitares folks et les voix. Il y a même quelques morceaux qu’ils venaient à peine de finir d’écrire et composer le matin-même. Quelques semaines plus tard, j’ai ajouté les guitares électriques, le piano et les percussions que m’inspiraient ses chansons. La voix de « Refugees Welcome » et mon chœur dans « Real Soul » se sont imposés tout seuls, logiquement. Tout a été très intuitif, et ce sont systématiquement les premières improvisations sur ses morceaux qui ont été les bonnes prises.
Pour les chœurs à la fin de « This is Anfield », Douglas et moi avons été aidés par Jimmy Letter (bassiste de Blue Chill), et pour « Artie Fufkin », c’est Axel Caudal qui a assuré l’harmonica, car on ne peut pas concevoir un album de folk sans harmonica, pas vrai ?
Douglas Hinton, basé à Brest, joue à travers la France et fait des concerts tout au long de l’année. Nous espérons vous y croiser ! Et vous pourrez recevoir de sa propre main votre bel exemplaire de « Start Anew ».
1. Start Anew
2. The Jaws Of Victory
3. No Human Being Is Illegal
4. Hard Enough Just Being Human
5. Lonely At Best
6. Refugees Welcome
7. Real Soul
8. This Is Anfield
9. Feather Duster
10. Best Friend
11. Artie Fufkin
L’album est disponible pour l’instant au format physique et en streaming/téléchargement sur le bandcamp de Douglas Hinton.
EDIT du 5/01/2017 : l’album est désormais disponible sur toutes les plateformes de streaming (Spotify, Deezer, Qobuz, iTunes…)
Daniel Johnston. Dès que j’aurai fini les présentations, vous n’oublierez plus jamais ce nom. En 1978, Laurie Allen quitte Daniel pour un croquemort. Daniel a 17 ans, il s’en remettra hein, forcément. Eh bien non. Jamais. Depuis, il passe sa vie à éponger sa tristesse avec ses chansons plus poignantes les unes que les autres. Richard n’a pas le monopole de la mélancolie musicale.
En 2012, je suis allé le voir en concert à Londres, dans un lieu fabuleux, la Union Chapel. A vrai dire, je trouvais les chansons de Daniel sympa mais sans plus, et je n’avais pris mon billet que dans l’espoir d’y croiser une fille qui aurait pu y aller. Déjà l’esprit de la louze flottait dans l’air.
Les premières secondes furent les plus dérangeantes de tous les concerts auxquels j’ai assisté. Daniel Johnston s’avance d’un pas lourd en regardant le sol. Tonnerre d’applaudissements, on se lève et on crie son nom. Il a ses textes de chanson dans sa main, il les pose sur son pupitre. Quoi ? Il ne connaît pas ses textes par coeur depuis le temps??…
Le gros Daniel aux cheveux blancs a encore son badge VIP accroché à son pull taché, comme pour justifier sa présence sur scène. Il prend une petite guitare qui le rend encore plus gros et joue catastrophiquement. Aucun sens du rythme et des positions de doigts loin d’être fermes sur son manche : cet homme a des problèmes psychomoteurs. Et pas que. Ce mec a tout du loser. Mais personne ne rit. Saisis par la surprise ou juste parce qu’ils savent tous qui il est. Après quelques secondes, les non-initiés savent à qui ils ont affaire :
« I love you all, but I hate myself And there doesn’t seem to be anyone who can help And everything has turned out bad I’m so sad »
Le seuil était franchi, voilà, c’était donc ça la magie de Daniel Johnston en live. De loser à génie, il n’y a qu’un pas de Daniel. Daniel chante (presque) juste, et tremble comme si l’émotion n’avait pas assez de sa bouche pour s’échapper de son gros corps. C’est intense, pour tout le monde dans la chapelle. Au bord des larmes pendant quinze chansons, je sais que « Love Will Find You in the End », en rappel, les fera couler. Bingo.
Ce concert a littéralement changé ma perception de ce que doit être un concert. Une expérience émotionnelle unique. A ne pas mettre entre toutes les oreilles. Si vous ne parlez pas anglais, c’est sans risque. Sans intérêt aussi, d’ailleurs.
Après ce concert, j’écoute attentivement toute la discographie de Daniel et j’aime beaucoup de chansons. Je n’en ai pas de préférée. L’an dernier, j’ai vu le documentaire musical le plus bouleversant de ma vie. Daniel qui fait une sorte de bilan de sa vie, dans un fauteuil, avec des archives sonores de ses sessions d’enregistrements des années 80, dans son home studio, avec une reconstitution visuelle criante d’authenticité.
Le générique de fin, c’est une chanson de Daniel, mais chantée par quelqu’un d’autre. Cette voix grave et triste, on dirait … non, Lana Del Rey ?? Lana connaît Daniel, Lana apprécie Daniel, Lana chante Daniel dans un documentaire sur Daniel ?? Lana a bon goût, « finalement » oserais-je ajouter. D’ailleurs, elle a fait un don de 10 000 dollars au crowdfunding pour la réalisation de ce documentaire. Allez, vas-y, pleure :
Un peu comme Jeff Buckley qui avait eu un coup de cœur pour le « Hallelujah » de John Cale plutôt que l’originale de Leonard Cohen, je suis parti de l’esprit de la reprise de Lana. En août, j’ai failli ne pas enregistrer de reprise du mois, histoire de prendre un peu de vacances. Mais cette version de Lana me hante depuis que j’ai vu ce documentaire.
Pour l’exercice, j’ai testé une nouvelle approche vocale en chantant assis. On s’en fout un peu mais j’aime être exhaustif.
En 1997, Richard Ashcroft est très triste après une rupture, donc il écrit une chanson d’amour. Genre, le mec. Rien de plus banal. Mais quand Richard est triste et que son groupe veut composer une chanson triste, les gars n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Clotilde Verry ne connaissait pas la chanson (#FosséGénérationnel) (je hashtague comme un jeune) mais elle a accepté de bien vouloir l’enregistrer pour The Queen Is Dead Records.
« Bittersweet Symphony » a été le plus gros tube de The Verve, certes, mais c’est un plagiat de « The Last Time ». Donc on va dire que ça ne compte pas. The Verve est quand même vraiment un super groupe, et il a connu un autre gros succès, mérité lui, avec « The Drugs Don’t Work ». D’ailleurs c’est leur seul titre qui a été numéro 1 en Angleterre (avant l’ère du streaming, on se basait sur le nombre de ventes de singles) (j’explique, pour ceux qui n’ont pas connu cette époque) (je parle comme un vieux).
Après le premier succès de leur plagiat, le public était forcément plus attentif au second single. Et puis Lady Diana venait de mourir, et il semblerait que cette chanson d’amour désespérée (« I know I’ll see your face again ») ait servi de catalyseur à la tristesse nationale britannique.
A l’époque, en automne 1997, je passais mon temps devant les clips d’M6. Enfin, j’allais à l’école hein. J’étais en troisième, je regardais « Hartley, cœurs à vif », et j’étais orphelin du Club Dorothée qui avait eu sa dernière émission le 30 août. Le club était donc mort quasiment en même temps que Lady Di. Hasard ? Non, je ne crois pas. Bref, c’était le bon vieux temps (je parle comme un vieux).
Cette année-là (dédicace à Cloclo) (ou Yannick), il y a deux morceaux qui m’obsèdent : « Your Woman » de White Town, et le fameux « Bittersweet Symphony » (avec le clip où Richard bousculait tout le monde). Je me souviens également du clip de « Lucky Man », mais aucun souvenir de « The Drugs Don’t Work ». Je ne crois pas l’avoir entendue à ce moment-là, ou alors elle n’avait pas retenu mon attention. C’est avec la version de Ben Harper, dans son album « Live From Mars » (sorti en 2001), que je la découvre véritablement.
Il y a quelques mois, je fais la connaissance de Marie-Angélique (coucou !) qui me parle de sa sœur qui chante, Clotilde Verry. J’écoute par politesse, et aussi parce qu’ « on sait jamais », et je tombe complètement amoureux de sa voix. Elle chante en s’accompagnant à la guitare, sans chichis, de manière très naturelle et spontanée. C’est pur et lumineux.
Et c’est toujours réussi, même quand elle s’attaque au grand « Dream a little dream of me » avec son camarade Quentin au violoncelle. Allez vite vous abonner à sa chaîne Youtube.
En lui proposant « The Drugs Don’t Work », j’ai voulu l’emmener dans un registre un peu plus dramatique. J’ai enregistré sa fidèle guitare folk Ibanez que j’ai associée à ma Lag 12 cordes, utilisée pour la première fois en enregistrement, pour un résultat folk étoffé par ma vieille Cort G250 rouillée que j’adore utiliser avec le vibrato afin d’obtenir une sorte d’effet chorus manuel, quand tu as l’impression que la note est légèrement fausse puis s’ajuste puis refausse puis se réajuste sur des cycles courts. Ecoute, tu verras de quoi je te parle.
Cette reprise marque la fin d’une année de travail intensif et de nuits courtes ! A l’aube des vacances d’été, voici l’heure du bilan de cette première année et ces 37 titres enregistrés et mixés chez nous :
– un album de rock garage pour Coffee Saucers
– un 3 titres pour Blue Chill – un EP pour Bouche Pute – un album pour Douglas Hinton (qui sortira en septembre)
– sept reprises du mois avec plein d’invités
On vous recommandela playlist Spotify, mise à jour au fur et à mesure des nouveautés.