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La fraude au streaming : amende pour The Queen Is Dead Records

Ça y est, je viens de payer ma première amende de Spotify ! Bien sûr, à titre personnel, je n’ai rien fait de mal (je suis bien trop pur et innocent). Mais un artiste, dont The Queen Is Dead Records a distribué une sortie, a payé une pseudo-structure de promotion/marketing pour gonfler artificiellement ses streams. Et désormais, ce genre de pratique ne passe plus du tout sur Spotify ou les autres plateformes.
C’est une bonne chose, globalement, que les tricheurs ne soient plus récompensés. Sauf que, en tant que distributeur digital, The Queen Is Dead Records se voit infliger une amende dès qu’une fraude au streaming est constatée. Car oui, il incombe désormais au label ou au distributeur digital de surveiller toute activité suspecte. Bien, je vais donc surveiller tout le monde. En attendant le prochain chapitre, quand nous aurons réussi à nous affranchir de l’hégémonie de Spotify.



1. Rappel de la loi


Quand il est question de payer des amendes, on n’utilise plus le terme « règle ». « Loi » s’impose. Dans des précédents articles (voir références au bas de cet article), on avait déjà vu que payer pour gagner des streams n’était ni efficace, ni légal. En effet, si vous faites appel à une structure de « promotion/marketing » pour manipuler artificiellement vos chiffres d’écoute, et que plusieurs indicateurs de fraude se recoupent, vous serez accusé d’avoir permis, encouragé, ou toléré une telle manipulation.
Une activité de streaming est considérée comme « anormale » d’après une combinaison de facteurs parmi lesquels (liste non-exhaustive) :

• Sources géographiques incohérentes :
Vous obtenez habituellement 20 streams par semaine provenant de Bourgogne, puis soudainement, 10 000 streams de Thaïlande et 10 000 du Brésil. Ça n’a aucun sens : grillé !

• Distribution TRES inégale des streams dans une discographie:
⮕ Il y a une source unique, un auditeur, qui fait tourner en boucle votre album des centaines de fois sans aucun répit 24h/24 et 7 jours/7 alors que les précédentes sorties avaient 1 stream par mois : peut-être un nouveau fan monomaniaque vient de vous découvrir, peut-être est-ce vous-même qui écoutez votre musique pour avoir quelques centimes avec (enfin !) un auditeur. Ce n’est pas ce qui est considéré comme une activité normale organique.

• Distribution TRES inégale des streams dans un album :

⮕ Si un morceau atteint 100 000 streams, mais que les autres titres de l’album peinent à dépasser 5 streams, cela attire l’attention. Parce que les bots n’ont ni coeur, ni oreilles, c’est exactement ce qu’il se passe quand il y a une fraude au streaming.

• Taux de saut des streams (skip rate)

⮕ Le stream est comptabilisé et donc rémunéré après 30 secondes d’écoute. Si personne n’écoute jamais vos morceaux au-delà de la 31ème seconde, difficile de ne pas comprendre qu’il s’agit d’une arnaque aux streams. A moins que vos morceaux ne soient passionnants pendant 30 secondes puis insupportables à 0’31.

• Activité selon territoire

⮕ Vous avez 5 000 streams d’un pays un jour, puis 0 le lendemain et 5 000 d’un autre pays. Non, votre auditoire ne migre pas de manière intégrale d’un pays à l’autre du jour au lendemain. Fraude.

Quand une sortie atteint un seuil critique d’activité anormale, ses streams sont signalés comme probablement artificiels (les faux positifs ne sont pas courants mais pas impossibles) et la sortie est supprimée par les services de streaming. Avec, donc, une amende pour le maillon de la chaîne juste avant eux (coucou, c’est nous).



2. La frontière entre le Bien et le Mal

Exemple d’une activité de streaming anormale. « OUPS. »



Prenons un exemple concret.
Mais qui est cet artiste tout vilain qui a fraudé ? Je ne vous révèlerai pas son identité. Appelons-le Roberto. Roberto ne pensait pas mal faire :

« Le jour de la sortie de mon titre, j’ai fait appel à une prestataire sur Fiverr pour m’aider à le promouvoir, en pensant que ses méthodes étaient légitimes. Cependant, dès le début de la campagne, j’ai constaté des statistiques très étranges sur Spotify for Artists, ce qui m’a mis la puce à l’oreille. J’ai alors préféré arrêter la collaboration pour éviter toute complication, mais malheureusement, le mal était déjà fait. J’ai d’ailleurs hésité à vous contacter à ce moment-là, mais j’étais gêné par l’état des choses. »
Jusqu’à cet incident, je ne consultais les statistiques de streaming que 2 ou 3 fois par mois. Désormais je suis obligé de regarder chaque jour, notamment les premiers jours après une sortie, pour être certain qu’aucune « bidouille » ne vient gâcher la fête. Dans ce cas précis, la sortie de Roberto avait fait 20 000 streams en 1 jour. Forcément, ça manque de discrétion, et Spotify a grillé direct que c’était une « bidouille ».

« Je suis sincèrement désolé et embarrassé par cette situation. Je n’avais pas l’intention de tricher comme c’est mentionné sur l’article de Spotify que vous m’avez envoyé. Mon but était simplement de promouvoir ma musique, mais je me suis laissé berner. J’avoue que je me sens assez bête, et je vous présente mes excuses pour cela. »
Aucun souci Roberto, tout le monde peut se faire avoir. C’est à moi de faire en sorte que personne ne puisse se faire avoir chez The Queen Is Dead Records, d’où la rédaction de cet article dont le lien figurera directement dans le formulaire de distribution digitale.

« En lisant votre étude de cas, je me rends compte à quel point j’étais naïf dans cette démarche. Mon morceau devait effectivement être soumis à des ‘écoutes ciblées’, ‘7 années d’expériences’, ‘publicités Google PPC ciblées’. »
Les mots rassurants sont parfois aussi des mots qui endorment la vigilance. Maintenant, vous savez !



3. Les conséquences

Les tricheurs perdront tout



Vous avez payé pour avoir des streams, ça a été remarqué, maintenant il faut faire face aux conséquences. Voici les 3 types d’impacts que vous connaîtrez :

• Votre musique sur les plateformes de streaming
– Le site fournisseur de streaming qui a détecté la fraude (Spotify est le plus rapide en la matière) retirera votre sortie immédiatement, sans recours possible
– Votre distributeur digital procédera au retrait préventif de la sortie sur l’intégralité des autres plateformes, sans recours possible

• Votre relation avec votre distributeur digital
– Votre distributeur digital se réserve le droit de ne plus travailler avec vous à l’avenir (ce qui implique des sanctions allant d’une rupture de toute collaboration sans préavis, confiscation de vos gains de streaming, sans remboursements, ni indemnités, jusqu’au retrait de l’intégralité de vos sorties) 
– Vous aurez une amende de 10 USD (dollars américains) par titre mis en cause, à régler immédiatement (ou, selon le distributeur, par prélèvement sur vos gains de streaming s’ils sont d’une valeur égale ou supérieure à la valeur totale de votre amende)

• Votre argent
– Vous avez investi une somme pour rien dans la promotion de votre musique, sa distribution, et vous avez tout perdu : votre sortie n’est même plus présente sur les plateformes de streaming
– Vous devez rembourser votre distributeur digital pour éviter toute sanction supplémentaire touchant vos autres sorties

4. Crispation chez les distributeurs digitaux

a. TUNECORE, le Charles Ingalls de la distribution digitale

Le discours de Tunecore est simple : en cas de fraude, quoi que vous fassiez, c’est mort.

Avant, les distributeurs digitaux facturaient et envoyaient la musique (sans écouter) à la chaîne. Maintenant, avec ce nouveau paramètre de l’amende, il faut rester sur le qui-vive chaque jour, à chaque instant. Distrokid et Tunecore distribuent entre 20 000 et 30 000 titres chaque jour, autant de potentiels de fraude à surveiller… ça donne le vertige.
Dans le cas de Ben Jordan (aka the Flashbulb), Tunecore a juste supprimé toute sa discographie, VINGT-TROIS (23) ALBUMS, du jour au lendemain, sans préavis, pour une fraude qu’il n’avait pas commise. Le gars n’est pourtant pas un petit rigolo, car il avait généré jusque là un demi million de dollars de gains avec le streaming. Ses albums ont été rétablis depuis, merci bien Tunecore, mais en tout cas vous voyez leur approche. Un peu comme Charles Ingalls : on rentre dans le lard d’abord, on discute après.


b. DISTROKID, le donneur de leçon qui finira par se faire pécho

Distrokid se veut plus « éducatif ». Dans le cas de Jonah Baker, qui a plus de 150 millions de streams toutes plateformes confondues, il y a eu une communication sur la notification de Spotify mentionnant des streams artificiels, et un accompagnement l’invitant à retirer lui-même ses morceaux pour éviter la suppression de ses sorties. C’est sympa… dans le fond.
Dans la forme, la démarche infantilisante des pop-ups ( ci-dessus) est pour le moins… cocasse. Pour confirmer avoir bien compris à combien s’élève l’amende qu’on va devoir payer, on nous propose de faire « un peu de maths » en écrivant le résultat que nous trouvons pour l’opération suivante : montant de l’amende pour 1 morceau frauduleux multiplié par le nombre de morceaux concernés. On nous demande même de recopier la phrase « Tous les services de promotion pour Spotify sont des arnaques » dans une case. On imagine Bart Simpson écrire des lignes au tableau.
Un problème de taille risque de se poser pour Distrokid quand Spotify aura poursuivi sa croisade anti-fraude : le service payant de Distrokid permet d’avoir accès à des « coordonnées de milliers de playlists »… Sont-elles toutes organiques ? Si elles sont toutes gérées par des humains, ce n’est pas le problème des bots qui se pose, mais celui de l’accès payant à des playlists qui est également illégal. Beaucoup de ces playlists sont reliées à SubmitHub, plateforme de « promotion » (houla) où des artistes proposent leur musique à des curateurs (mouais) en utilisant des crédits (houla), tantôt gratuits tantôt payants, pour communiquer avec eux. OUPS.
Allô, Spotify ? C’est pour faire un signalement de fraude. Massive.


c. THE QUEEN IS DEAD RECORDS, entre idéalisme et réalisme


Je vous en avais parlé dans l’article « 7 idées reçues sur la distribution digitale » : entre les distributeurs digitaux et les plateformes de streaming, il y a un autre acteur : la société d’édition musicale en charge de la gestion des droits en matière de distribution digitale. Ces structures sont responsables de la transmission des fichiers aux plateformes de streaming, du comptage des lectures, et de la récupération des gains générés par la distribution digitale. Tout ce qui peut se compter, ils le comptent. C’est un travail que les distributeurs digitaux n’ont pas l’habitude d’exécuter seuls, ils doivent faire appel à des interlocuteurs qui sont des experts en gestion des données.
Afin de pouvoir fonctionner en tant que distributeur digital, The Queen Is Dead Records a un deal avec cet intermédiaire, qui n’est pas en mesure de négocier/contester/freiner des demandes de rançon EUH des amendes de Spotify. Et je ne suis moi non plus pas en mesure de négocier/contester/freiner quoi que ce soit venant de cet intermédiaire. Je m’aligne donc forcément sur les directions et possibilités de cet intermédiaire. Je n’ai aucun poids, aucun pouvoir pour courber leurs lignes de conduite. Quand l’amende est présentée, je ne peux me défiler.
Dans le meilleur des cas, je détecte l’activité anormale très tôt, je retire vite le morceau, et il n’y aura pas d’amende. Je dois donc trancher, et c’est facile quand on passe d’une moyenne de 3 streams à 20 000 en un seul jour. Si je ne suis pas assez rapide, alors, contrairement à Distrokid, et malheureusement un peu à la manière d’un Tunecore, pas de sommation : on arrive directement aux sanctions. On retire la sortie, on paye l’amende, et on fait payer l’amende à l’artiste.
Si le musicien est innocent et de bonne foi, je ne pense pas qu’il doive payer l’amende, ni que ce soit à The Queen Is Dead Records de la payer non plus. Comment faire alors ? L’artiste a tout de même le devoir de surveiller sa musique sur Spotify For Artists afin de voir si elle n’est pas ajoutée dans une « playlist de la mort ». Et ça, personne ne pourra le faire à sa place, c’est sa responsabilité. The Queen Is Dead Records, de son côté, n’a pas à subir le poids de l’amende mais cherchera une solution pour représenter la sortie mise en cause et assurer son retour sur les plateformes de streaming, et ça c’est quelque chose que Tunecore et Distrokid ne font pas. The Queen Is Dead Records pourrait donc devenir le refuge des artistes mal-aimés et autres musiciens maudits qui ont vu leur musique bannie par un autre distributeur. #BonSamaritain



5. Vers un futur plus juste


Si vos plages d’écoutes Spotify ressemblent à l’image ci-dessus, arrêtez les bêtises ! Le(s) morceau(x) que votre Spotify lit en boucle risque(nt) d’être retiré(s) et votre artiste préféré aura une amende à payer. Même s’il n’a rien demandé au départ. Car oui, c’est ça le souci : les musiques sont disponibles publiquement sur Spotify, et peuvent donc être écoutées en repeat à outrance (c’est une ville entre Outreau et Coutances), et ajoutées par n’importe qui dans n’importe quelle playlist foireuse. Et si le placement de votre morceau dans une de ces playlists de la mort était purement un acte de malveillance ? Depuis fin 2024, vous pouvez faire un signalement en cas de placement de votre musique sur une playlist frauduleuse, en espérant que vous ne vous y preniez pas trop tard : https://artists.spotify.com/c/fr/playlist-reporter
On l’a bien compris : les services de streaming (et distributeurs) semblent adopter systématiquement le narratif du musicien qui a fauté et dont c’est l’entière responsabilité. C’est un peu dur à encaisser.
Si ces injustices se multiplient, les artistes vont devoir se regrouper en syndicats pour effectuer une pression collective sur les plateformes de streaming pour qu’elles progressent en terme de transparence et équité dans leur gestion des suppressions de musique et donc amendes. On va aussi certainement devoir se tourner vers des solutions plus directes pour atteindre le public. Comme par exemple… le retour du CD ? Ou un autre format ? On aurait des lieux physiques en ville où il y aurait plein de musique en vente au format physique… ça s’appellerait des disquaires !
Blague à part, ce qui a fait le succès de Spotify, Apple Music, Deezer, et tous les fournisseurs de streaming digital, c’est l‘accès instantané à de la musique en streaming via un cloud, ce qui a anéanti les plateformes de téléchargement de musique, qui manquait d’instantanéité. Aujourd’hui tout va vite : on n’a plus le temps de télécharger la musique, les films, les séries, et même les jeux vidéos. On veut en profiter au moment où l’envie de présente, sans latence ni étapes intermédiaires, sans devoir obligatoirement héberger des données dans nos appareils de lecture. Nous sommes la génération du « tout, tout de suite ». Pourquoi avoir accordé autant de pouvoir à des ogres qui nous vendent des abonnements très bas donc accessibles, mais maltraitent autant les artistes ? Nous avions le CD physique, Emule et autres téléchargeurs de torrents, et Spotify est arrivé en sauveur pour nous faire économiser du temps et de l’espace de stockage. Où sont les alternatives depuis 2006 ? Apple Music et Deezer ne comptent pas, ce ne sont pas des alternatives mais des clones.
Il faudrait un système décentralisé, avec des artistes qui reprennent le contrôle des droits de leur musique, distribution comme monétisation, en décidant de leurs propres prix, auxquels les auditeurs adhèrent ou pas. Les musiciens tiendraient eux-mêmes leur profil artiste comme une boutique en ligne à côté des boutiques en ligne d’autres artistes. Ce sont eux qui nous vendraient leur musique au format fichier, stockée dans un cloud personnel dédiée. Et pour toutes les musiques pas achetées, qui resteraient accessibles à l’instar d’un Spotify, il y aurait des mini frais de « location » pour chaque écoute en streaming à partir du cloud général. Finalement, c’est exactement ça qu’il manque à Bandcamp : la mise en commun de toutes ces musiques d’indé dans un seul écosystème d’écoute, plutôt que ces pages cloisonnées avec des fichiers ZIP/RAR à télécharger (trop long donc has been !) et stocker (trop volumineux donc has been !). Le modèle révolutionnaire est là : une décentralisation pour ce qui est de la gestion de la base de données, et une centralisation de cette base de données accessible via un seul outil. Entre innovation et respect des droits des artistes, nous vivrions tous en paix et en harmonie, en mettant les artistes au centre de la chaîne de valeur. Y’a plus qu’à.



The Queen Is Dead Records œuvre à diffuser gratuitement et mettre à disposition de tous des explications, synthèses et vulgarisations de règles dont vous devez non seulement avoir connaissance, mais également appliquer. Attention à vous. Nul n’est censé ignorer la loi. Au-delà du volet des sanctions, gardez en tête que la valeur des chiffres n’a de sens que si elle reflète un véritable engagement. Il semble donc plus judicieux de se concentrer sur des approches authentiques pour construire une audience engagée et durable. Pour cela, vous pouvez compter notamment sur Guil’s Records, et son tout nouvel ouvrage sorti il y a à peine quelques jours : « Le B.A-BA du Musicien Indépendant : Votre Musique mérite plus que le Silence… Et si c’était votre tour de sortir de l’ombre ? »

Je compte sur votre probité. La curiosité est un devoir.


A lire :
– Conditions Générales de Service (The Queen Is Dead Records), 2.III(d)
– SPOTIFY : « Artificial streaming and paid 3rd-party services that guarantee streams – The consequences for using these services« 
– Etude de cas – Payer pour avoir sa musique dans une playlist Spotify
– Achat de faux streams : vouloir aller plus vite vous emmènera ailleurs au final
– Intelligence artificielle et Spotify : pour le payeur et pour le pire
– Takedown Fails: Artists Are Seeing Their Music Removed From DSPs for Streaming Fraud They Didn’t Commit

L.A

distribution digitale, Non classé

Streaming chez META : l’algorithme fait un ménage « aléatoire »

Mise à jour : 07/02/2025

Là où il y a de l’argent à se faire, il y a des abus, encore plus dans des systèmes automatisés tels quel le streaming musical. La fraude aux streams peut revêtir plusieurs visages : farming de streams, diffusion de musique générée par des intelligences artificielles, bandes son environnementales…
On a vu que Deezer a démarré son grand ménage, c’est maintenant au tour de META. Très bien, sauf que META (Facebook et Instagram) s’attaque maintenant précisément aux musiques de style « Ambient » (méditatives) et d’une manière générale aux musiques dites « fonctionnelles » (des sons non-musicaux pour se concentrer, genre des bruits blancs). Aux petits malins qui se disent qu’il suffit de ne pas choisir « Ambient » comme style musical lors de l’envoi en distribution digitale, je conseille la lecture de l’article précédent.


1. L’esprit


Premièrement, il faut se souvenir que les plateformes de streaming ont pour vocation de proposer des contenus de type professionnel, dans le fond et la forme, avec une véritable intention artistique. Il n’y a a priori pas de place pour des expositions de matériaux simples bruts « à but pédagogique » et non « à but musical ». Tout ce qui est sonore peut être musique (on ne vous la fait pas à vous, n’est-ce pas ?), mais les plateformes musicales essayent d’empêcher les abus (parmi lesquels on trouve le très célèbre foutage de gueule avec par exemple une seule note en continu pendant 30 minutes par exemple).
Avec la distribution digitale de The Queen Is Dead Records, j’ai connu une seule fois un refus de sortie car la musique, électronique, comportait trop de boucles et n’était pas suffisamment travaillée (c’était des brouillons inachevés mais assumés). En plus de morceaux jugés « trop simples », les plateformes streaming peuvent rejeter certains fichiers à cause de leur aspect amateur.
En outre, les musiques qui semblent créées de manière « automatisées », par intelligence artificielle, sont également dans leur collimateur. Il y a beaucoup de fraudes en tous genres, et parfois il peut arriver que Spotify ou Apple Music (les plus agressifs en matière de règles) punissent d’honnêtes gens à tort. C’est triste mais généralement anticipable. Enfin… en théorie. Jusqu’à il y a peu.


2. Les règles générales


Je crois qu’on peut partir du postulat que les plateformes de streaming généralement acceptent toutes les musiques envoyées en distribution digitale. Il existe néanmoins quelques consensus entre ces plateformes avec des filtres afin d’éviter des « abus » (ou même des envois de bonne foi de musique qui ne serait pas qualifiée pour une apparition dans leurs catalogues) :
– Des contenus sonores trop similaires voire déjà présents dans leurs bases de données (des bruits d’ambiance, des bruits de fond, des sons de la nature, certains instrumentaux un peu « légers »)
– Des boucles répétitives à l’intérieur du morceau (peu ou pas de variations, pratique pour les musiques pour se concentrer ou pour dormir)
– Des enregistrements jugés de « mauvaise » qualité (son détériorés ou trop peu travaillés, ou des sons cheap « générés manifestement par midi » ; Kraftwerk vous salue)
– Un visuel d’illustration jugé de « mauvaise » qualité (alors là, c’est forcément très subjectif, car au nom de l’art on devrait pouvoir tout faire en théorie, il suffit de s’affirmer et d’assumer)
– De la musique remixée à partir de travaux originaux, présentant un non-respect du droit d’auteur (morceau original ralenti ou altéré de quelque manière que ce soit)
– Suspicion de trafic de streaming (l’activité frauduleuse n’a pas à être prouvée, une simple supposition suffit à se faire recaler, et personne n’aura le temps de considérer vos arguments ou preuves de toute façon ; « dans l’espace, personne ne vous entendra crier » – vous avez la ref, hein ?).


3. Cas pratiques : trois morceaux retirés de META

a. Export de programme d’édition à la « Guitar Pro »


Vous connaissez Guitar Pro, le logiciel qui permet d’écrire facilement des partitions au propre et de les lire avec des petits sons de Gameboy qui imitent les sons des vrais instruments. Ici, il s’agit d’un export avec Sibelius (du groupe Avid – qui fait Pro Tools). L’album, « Bals Taquins » (de Jean-Christophe Van Dam), est un support pédagogique associé à la publication d’un livret de partitions qui sont utilisées notamment dans des sessions pédagogiques et master classes, pour aider les élèves à suivre la partition tout en écoutant le morceau.
Avec cet album, j’estimais qu’il y avait de bonnes raisons d’être optimiste. Tout d’abord car il n’y a pas de notion de boucles, donc pas de répétitions, et ensuite il ne s’agit pas de sons « manifestement électroniques » détectables dès les premières notes par n’importe qui, mais d’émulations passables voire correctes d’instruments organiques (j’ai entendu tellement pire que ça) qui offrent davantage de richesse que des sons plus « simplistes » qui ferait passer l’album à la trappe directement. Comme prévu, les plateformes de streaming ont accepté l’album. Si cela n’avait pas été le cas, il existe des moyens simples et efficaces d’humaniser ces fichiers pour brouiller leur origine midi trop « automatisée ». L’album avait été validé par toutes les plateformes de streaming, jusqu’à il y a quelques semaines où META a désavoué seulement un titre, alors que tout l’album est fait du même bois. Le reste de l’album va-t-il subir le même sort ? A suivre…

b. Slam à la « Grand Corps Malade »


Il s’agit d’une sorte de slam / poésie déclamée sur une musique dominée par un piano. Mon hypothèse est qu’au mixage la voix est « trop » mise en avant, et la musique derrière semble passer pour un « bruit de fond », comme si on assistait à un extrait de film où le personnage principal parle devant la caméra pendant que, derrière lui, une musique était diffusée en même temps, sans que les deux ne se rencontrent. La voix est posée au-dessus de la musique, pas intégrée à l’intérieur de cette dernière, et cela pourrait semble-t-il éveiller des soupçons. C’est pourtant juste une question de choix de mixage, rien de plus. Tout dépend de la perception… enfin, « perception », là on parle d’un algorithme, d’un bot, d’une intelligence artificielle qui ne perçoit pas mais détecte, calcule. Et condamne.
Mais, on peut le concéder : avec sa voix en avant, le morceau offre une certaine vibration méditative. Et puis, au niveau mélodique, le morceau connaît une répétition un peu à la manière du Canon de Pachebel, avec une montée en puissance, bien que notable, relativement modérée d’une boucle. Méditation, répétition, il n’en fallait pas moins pour que Monsieur META ne rejette le titre. Quant au reste de l’album éponyme, on verra le destin qui l’attend chez META…

c. Ambient, comme annoncé


Je me fais l’avocat du diable. On peut considérer que, s’il y a bien un genre musical facile à générer par intelligence artificielle, c’est bien l’Ambient : de longues nappes arythmiques voire même atonales, pas de structure requise, quelques éléments sonores qui peuvent être posés ici ou là, avec un accent mis sur l’atmosphère générale, les textures, les couleurs… Un peu comme l’équivalent musical du concept de monochrome, et même s’il est l’œuvre d’un humain, l’Ambient est un genre qui peut être décrit comme minimaliste donc « facile » à faire par des fraudeurs peu ou pas musiciens qui veulent collecter des streams donc de l’argent facile sans avoir injecté beaucoup de savoir-faire dans leur oeuvre.
D’un point de vue technique, on peut comprendre pourquoi META tape sur l’Ambient. On peut aussi se poser la question de la ligne éditoriale : et si META ne considérait pas en réalité aussi l’Ambient comme un style non-requis pour habiller des stories, trop méditatif pour stimuler ?

d. Pop indé… sirable


En janvier 2023, Sylvain Fesson a sorti « Origami », un album dont le flegme très français frise la provoc’ sans jamais perdre ni face ni classe (Sylvain Fesson 1, Serge Gainsbourg 0). Cet album est aussi très anglo-saxonnement expérimental du point de vue purement musical, car toujours à la recherche d’un beau, d’un beau inattendu, d’un beau qui ne serait pas facile à fabriquer mais qui resterait facile à écouter. En un mot, de la pop d’apparence prétentieuse comme Radiohead (ce qui fait plus d’un mot, j’en conviens). Mais point de prétention ici, « Origami » est d’une fraîcheur qui n’a pour égal que son ambition. Trop frais et/ou trop ambitieux pour META, semble-t-il, puisque pour le coup tout l’album a été retiré en janvier 2025. Chouette cadeau de la part de la bande à Zuckerberg pour fêter la sortie de « Force avec vous », tout nouveau clip pour le morceau bonus d’ « Origami », qui mérite d’être considéré comme de la musique, du court métrage et de la littérature (cf. la voix parlée). Trop intello pour Mark.

4. Les règles de META (mis à jour le 07/02/2025)

Au 1er janvier 2025, META a mis à jour ses règles. Les contenus qui seront supprimés sont les suivants :
– Musique fonctionnelle (des sons de nature, des mots parlés, des effets sonores)
– Musique « Ambient »
– Samples audio, remixes
– Morceaux « ressemblant trop » à d’autres (plagiat)
– Oeuvres appartenant au domaine public
Les librairies pour les stories Instagram et Facebook ont vocation à accompagner des « reels » publiés dans des réseaux sociaux. Par ces règles, META souhaite donc anticiper tout problème de droits qui pourrait toucher des vidéos susceptibles de devenir virales, ce qui multiplierait ainsi dangereusement l’impact d’un hypothétique préjudice impliquant la responsabilité de la plateforme. META n’enverra pas de notification avant suppression, et n’offre pas la possibilité de faire appel de cette décision.

Si des règles occasionnant des retraits aléatoires imprévisibles venaient à se répandre sur les plateformes de streaming, vous savez ce qu’il vous reste à faire : parmi les solutions on peut trouver Bandcamp (ou Soundcloud).

A lire également :
• Sélectionner le genre musical de sa sortie : important ou pas ?
• Les nouvelles règles en streaming musical : Deezer veut éradiquer la fausse musique, Spotify veut éradiquer les petits artistes.
• 7 idées reçues sur la distribution digitale
• Bandcamp : l’ennemi de la distribution digitale ?

L.A

Non classé

Les nouvelles règles en streaming musical : Deezer veut éradiquer la fausse musique, Spotify veut éradiquer les petits artistes.

Le monde du streaming musical connaît un tournant historique en ce moment même. Deezer et Spotify révisent leurs règles de rémunération : Deezer veut éradiquer la fausse musique, Spotify veut éradiquer les petits artistes. Pour le moment, aucune info concrète du côté d’Apple Music, le 3ème géant du streaming.


C’est quoi « la musique » ?

Le marteau est un instrument percussif qui peut aussi servir à planter des clous.


En septembre 2023, Stéphane Rougeot, directeur général adjoint de Deezer, affirmait que ça ne lui semblait « pas équitable de rémunérer le stream d’un artiste de la même manière qu’un stream de bruit de pluie« . Quel hasard, c’est exactement la citation de Robert Kyncl, patron de Warner Music, qui déclarait au printemps dernier qu’il n’était « plus possible qu’une chanson d’Ed Sheeran rapporte autant que le son de la pluie tombant sur un toit ». Ed Sheeran c’est plus fort que la pluie, t’as compris ?
Interprétons la règle sous-jacente. Un enregistrement de pluie, ou de phénomène que l’on pourrait qualifier de naturel, n’est pas considéré comme de la musique car il n’y a pas de « construction » humaine. Même si un vent, par frottement contre une matière, peut produire une note, et être écouté comme de la musique : ça n’en est pas selon la définition de l’industrie musicale. Pour le droit français, une œuvre est originale lorsqu’elle porte « l’empreinte de la personnalité de son auteur ». On ne place pas avec précision les gouttes de pluie, et on ne gère pas l’intensité du flux.
Deezer précise qu’il souhaite démonétiser tous les « bruits non-musicaux », comme par exemple les bruits blancs, parmi lesquels le son d’une cascade, mais aussi tous sons artificiels ne présentant pas de hauteur tonale. Pour des contenus à la musicalité relative voire questionnée, Spotify va juste décaler le seuil de déclenchement de rémunération qui est à 30 secondes d’écoute pour un morceau standard.
A mi-chemin entre Ed Sheeran et une cascade, on a donc la musique atonale expérimentale, qui est une construction humaine avec l’empreinte de la personnalité de son auteur (ah, donc de la musique) à base d’événements sonores généralement considérés comme des bruits (ah, donc pas de la musique). Musique ou pas ? On attendra la réponse de l’industrie musicale.


Les créations avec l’intelligence artificielle

Les I.A. musicales arrivent : elles sont programmer pour terminer votre carrière.


Deezer et Spotify partent en croisade contre les musiques générées par l’intelligence artificielle, ou plutôt avec l’intelligence artificielle. En effet, l’intelligence artificielle n’est pas le sujet-créateur, n’a pas d’intention ni de projet : elle est un outil, et permet à un humain-sujet d’obtenir un résultat qui émane de sa volonté. Une intelligence artificielle n’a aucune volonté propre, elle est au service de l’humain qui l’utilise. On l’a vu plus haut, pour le droit français, une œuvre est originale lorsqu’elle porte « l’empreinte de la personnalité de son auteur ». Une I.A. peut-elle avoir une personnalité ? Nous définirons « personnalité » dans un prochain article.
Avec Boomy, on peut générer de la musique artificielle, et ça n’est pas (encore) sanctionné par les plateformes de streaming en théorie. Seules les voix qui copient des voix de chanteurs connus constituent une fraude. Ok, là on est sur le terrain de l’usurpation d’identité, donc cela semble normal de vouloir empêcher ces abus qui surfent illégitimement sur la renommée d’autres personnes.
En réalité, tout usage d’intelligences artificielles implique l’exploitation d’une base de données alimentée par des contenus organiques qui y sont importés sans consentement des auteurs. Donc, en théorie (et en pratique), toute œuvre issue d’intelligence artificielle est une atteinte au droit d’auteur car elle est une création composite d’éléments n’appartenant de facto pas à l’utilisateur de l’IA. Mais ce n’est qu’un détail dans l’histoire, apparemment.
Est-ce que les algorithmes magiques des cyberpolices des plateformes de streaming musical sont capables de distinguer les voix générées par IA, les voix synthétiques, les imitations, les voix similaires, sans jamais la moindre confusion ? Est-ce qu’une usurpation d’un timbre par IA est plus répréhensible que par un imitateur humain ? Ces questions sont intéressantes, mais la situation est (pour l’instant) plus simple : tant que ce n’est pas le nom de l’artiste usurpé qui est noté lors de la distribution digitale, tout va bien. La maison de disque doit juste surveiller les sorties de ses artistes pour détecter les faux. C’est pas du boulot d’algorithme sophistiqué, ça.
Jeronimo Folgueira, PDG de Deezer, explique que son but est notamment de « développer un nouveau système de rémunération où les artistes professionnels sont récompensés pour la création de contenus de valeur. C’est pourquoi nous avons développé des outils pour détecter les contenus générés par des I.A. ».
On comprend que limiter les musiques générées par I.A. permet d’éviter aux musiques crées « organiquement » d’être diluées. En outre, il est intéressant de noter que Deezer considère que la musique est un contenu de valeur quand elle est créée par des humains (ce qui est une vision très humaniste qui n’accorderait donc pas le pouvoir d’évaluation au consommateur qui pourrait très bien aimer quelque chose de totalement créé par I.A.). Spotify est du même avis… à une nuance près.


Pour Spotify, certains artistes ne valent rien

Spotify : le ruissellement sélectif.


La nouvelle grande règle de Deezer, c’est de limiter un utilisateur à 1000 écoutes par mois par artiste. Bon, ça semble honnête. Ça vous paraîtrait faisable, vous, d’écouter 1000 titres d’un seul artiste par mois ? Seul un fanatique serait capable de se farcir 30 titres par jour maximum. En même temps, ce sont les fanatiques qui sont les auditeurs les plus engagés. Ils achèteront les albums et iront au concert, ça ira.
Ce qui pose souci, c’est le double barème : les artistes qui obtiendront plus de 1000 écoutes et plus de 500 auditeurs uniques par mois auront un meilleur taux de rémunération par stream que les autres. Plus on en a, plus on en a. Mais Spotify fait pire. L’argumente. Le revendique.
Dans un article de blog qui semble improbable, Spotify explique que des dizaines de millions de titres sur leur plateforme ne rapportent que quelques mini-centimes. Les distributeurs digitaux et labels ne reversent pas mensuellement ces sommes microscopiques aux artistes, et attendent d’atteindre un pallier de plusieurs dollars/euros. Spotify considère que ces sommes ne comptent pas et prétend qu’elles sont négligeables et négligées (moins de 1000 écoutes sur les 12 derniers mois) : « this money often doesn’t reach the uploaders (…) these small payments are often forgotten about ». Selon Spotify, cet argent ne revient pas souvent aux artistes, ces petits paiements sont oubliés. Littéralement : puisque personne ne réclame son dû, autant ne jamais le leur accorder. Un dû oublié n’est plus un dû. Hallucinant.
La réalité du terrain est très différente : bien sûr, il y a des artistes absolument désengagés qui font 2 écoutes par mois (eux-mêmes) et qui n’investissent ni temps, ni argent, ni effort pour promouvoir leur musique (tout juste s’ils savent que les streams rapportent de l’argent). Mais il y a aussi les petits artistes indépendants qui comptent sur ces petites sommes, car les petits ruisseaux font les grandes rivières. On n’en est pas à des océans, certes, mais réussir à obtenir 20 euros en quelques années représente tout de même un juste retour car cet argent n’est pas volé, il est issu d’une logique juste de rétribution en fonction des écoutes réelles (plus ou moins, car les chiffres sont et ont toujours été douteux, mais on est obligé de les croire). Estimer que, selon les circonstances, ces écoutes légitimes ne valent aucune rémunération est juste scandaleux.
Spotify minimise jusqu’à la légitimité de ces montants dus, et estime que leur total de 40 millions de dollars (l’intégralité de ces quelques centimes pas reversés aux petits artistes) pourrait plutôt servir aux artistes « qui sont le plus dépendant de leurs revenus de streaming« , euthanasiant économiquement les plus petits des artistes.


La réaction avec The Queen Is Dead Records

C’est l’heure de la rébellion.


Plutôt que rester sur une simple réaction d’indignation, avec un discours victimaire qui n’apporterait rien de bon ni d’utile (« Spotify est méchant, c’est affreux, qu’est-ce qu’on va devenir ? »), il faut prendre ces changement du bon côté : si vous ne faites rien pour votre musique, vous allez laisser Spotify l’évaluer. 0 € / $ / £. Si ce tarif vous dérange, vous avez le droit de protester. C’est l’occasion pour tous les artistes indépendants de se rebeller, et d’aller se battre pour sa musique (et non pas contre Spotify) :
– obtenez les 1000 streams, en vous concentrant sur un morceau spécifique dans vos opérations de promotion
– ne restez pas dépendants de Spotify, libérez-vous du streaming et créez un Bandcamp et un site web qui favorisent le lien direct entre auditeur et artiste
– ne restez pas dépendants du numérique, faites du physique (CD, clé USB, vinyle…) et vendez-le lors de vos concerts (rémunérés, par pitié)
– « éduquez » (c’est un mot un peu fort qui fait un peu stalinien) votre public en lui expliquant que sa manière de consommer de la musique a des conséquences sur l’économie au sens large autant que sur les musiciens
– si vous êtes un artiste distribué par The Queen Is Dead Records, écoutez et partagez la playlist de Distribution-TQIDr avec tous les artistes distribués par TQIDr pour faire valoir des valeurs de solidarités, et aider tout le monde à atteindre 3 écoutes par jour par morceau (largement faisable).

Deux points importants :
– Ne cédez pas à l’achat de streams, car ce serait une grave erreur. Ne payez pas non plus pour intégrer une playlist. Travaillez plutôt en vous basant sur les enseignements de Guil’s Records.
– The Queen Is Dead Records est en développement constant pour apporter soutien, explications et solutions aux artistes indépendants. Toute suggestion qui pourrait être une nouvelle inspiration sera la bienvenue, envoyez vos idées à laurent.auffret@tqidr.com

Pour plus d’informations, je vous invite à consulter l’article de Guil’s Records qui propose analyse et solutions :
« Nouveaux modèles de rémunération du streaming chez Spotify : ce qui vous attend »


L.A